Développement rural: le Ministre Bitakwira inconsciemment coupable de blanchiment

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Bitakwira

A croire que certains membres du gouvernement Tshibala sont experts en pitrerie dans la gestion du pays. Après la bagarre à la primature, le sextape aux affaires étrangères, Kokonyangi et le site Mokunzo, voici le « Bitakwiragate ».

Une photo a fait exploser les réseaux sociaux vendredi.  Dans la dite photo, Bitakwira apparaît entouré de 4 personnes d’origine asiatiques. Sourire aux lèvres, les 4 compères brandissent des grosses liasses des billets des dollars américains. Tels des trophées de guerre.

D’autres liasses sont étalées sur la table. On est pas loin des clichés des rappeurs américains ni du film:  » le parrain. »

 

Bitakwira ou la bouffonnerie dans la gestion de la res publica

Cet énième scandale ne laisse personne indifférent. Jusqu’ici, les circonstances liées à la prise de cette photo demeure inconnues.

Interrogé, l’Attachée de presse du Ministre, Afrika Mujinga, tente d’expliquer le contexte dans lequel cette photo a été capturée.

Elle confirme d’abord que la photo est authentique puis rassure que les asiatiques sur la photo sont des coréens. Ce sont, d’après elle, des partenaires et fournisseurs du Gouvernement.

« Oui la photo est authentique, c’était lors du payement pour kits d’électrifications et d’adduction d’eau potable » précise-t-elle. Avant d’ajouter :

« Ces partenaires avaient demandé d’être payés en liquide question de lever l’équivoque devant leurs commanditaires. Après avoir été servis, ils ont pris des clichés pour envoyer chez eux afin d’attester le payement. »

Cette photo a été prise il y a 4 mois déjà selon Afrika Mujinga.

« Ce geste a permis aux deux partenaires de continuer leurs partenariats, » a-t-elle conclu.

 

Le ministre en état de flagrance

Malgré ces explications, le ministre est véritablement coupable. Il doit être poursuivi en flagrance. S’afficher avec une très grande somme d’argent est contraire à l’éthique et à la déontologie d’un homme d’État.

La loi aussi interdit tout paiement en liquide à partir de 10.000$. Le ministre s’est rendu coupable des crimes économiques mais aussi des fautes professionnelles lourdes.

Cette manière de faire est propre à la maffia et non à un ministre de la République.

Un ministre américain peut-il s’exposer de la sorte avec des billets d’argent avec des partenaires africains ? Il sera visiblement viré et poursuivi quelques heures après.

Le PGR s’est il déjà saisi du dossier ? Le ministre va-t-il démissionné ? Les jours et les heures à venir seront décisifs.

Un autre élément est le lieu où cette photo a été prise. Il dénote aussi une irrégularité dans la procédure.

Tous les achats et transactions doivent se faire au Cabinet du ministre dans la branche réservée à l’administration et à la comptabilité. Or sur cette photo, il n’y a aucune preuve que l’on est au cabinet du ministre ou dans un bureau gouvernemental.

Le lieu ressemble plus à un coin de bureau dans une chambre d’hôtel. Si les affaires de l’état se traitent n’importe où, ce que le gouvernement a perdu de son essence.

 

Aucun élément matériel prouvant la transaction

Plus grave encore, il n’y a aucun élément matériel ni trace écrite de cette transaction. Aucun document comptable ne confirme cette transaction : ni facture ni reçu ni justificatifs, etc.

D’ailleurs combien des villages ont bénéficié de ce projet d’adduction d’eau et d’électrification? À quoi cet argent a servi finalement ?

Les parlementaires doivent s’emparer du dossier afin que le ministre éclaire la lenteur du public.

Déjà connu pour ses déclarations à l’emporte pièce, le ministre Bitakwira vient encore de prendre les galons de la médiocrité.

Il y a une nette différence entre homme d’état et homme d’État. Bitakwira comme plusieurs des membres du gouvernement Tshibala sont dans la première catégorie.

 

Moïse Dianyishayi