RDC: il était une fois le Cobalt

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En 2017, le cobalt a damé le pion sur le coltan. Il est devenu l’une des matières premières la plus sollicitée dans le monde.

Avec une hausse de près de 130% de son cours, la tendance semble se poursuivre en 2018. Cette demande croissante du métal est une nouvelle opportunité pour la RDC.

Qualifié de scandale géologique, la RDC regorge de plus de la moitié des réserves mondiales du métal. Et le cobalt peut faire de la RDC une puissance régionale. Cependant, la crainte est que des intérêts égoïstes et obscurs ne transforment cette embellie en un cauchemar pour la population.

Il peut devenir le mobile de faire subir à la population une fois encore, les affres de la guerre.

 

Le secteur extractif représente 40℅ du PIB

Depuis le caoutchouc de sang, en passant par le diamant de sang et le coltan de sang, la RDC n’a jamais tiré profit de ses ressources. Hélas!!!

Tout au contraire, elles sont même les principales sources de ses maux.

Si le secteur extractif représente à ce jour représente près de 40% du PIB, la part de recettes issues des mines qui tombent dans les caisses publiques sont encore infimes.

Et cela comparativement aux recettes tirées de l’exploitation des mines congolaises.

Une experte et ancienne DG du Centre d’Expertise, d’Evaluation et de Certification des matières précieuses et semi-précieuses (CEEC) estime qu’en 2017 moins de la moitié des 3 milliards de USD attendue comme recettes minières était perçues par l’Etat.

En 2017, le secteur extractif a été de nouveau le principal inducteur de la croissance économique en RDC estimée à 3,5%. Cela est du fait de la hausse de la demande internationale des principaux produits miniers exportés, notamment le cobalt.

Dans son rapport sur la politique monétaire à fin 2017, la Banque Centrale du Congo émet encore des doutes dans la capacité du pays à tirer profit de cette envolée du cours de cobalt. Elle pointe du doigt notamment des déficiences les mécanismes de contrôle y compris le coulage des recettes publiques.

L’institut d’émission estime qu’une bonne proportion des exportations du cobalt n’est pas tracée. Ce qui constitue selon elle, un manque à gagner pour l’Etat congolais.

 

Des risques sociales et écologiques

Les préoccupations actuelles ne sont pas seulement sur la transparence des flux financiers mais elles sont également sociales et écologiques. Amnesty International estime que 20% du cobalt congolais provient de ces mines artisanales exploitées à la main, dans des conditions déplorables.

La même ONG indique que selon l’UNICEF, «40.000 garçons et filles, travaillent en tant que mineurs artisanaux, pour la plupart à l’extraction de cobalt».

Un autre fait démontre que les exploitations se font dans les résidences privées au risque de détériorer l’espace urbain des villes telles que Kolwezi ou Likasi.

Le gouvernement congolais a reconnu ces faits et s’est fermement engagé à mettre un terme à cette barbarie d’ici 2025.

Le constat est très clair. Avec Ce minerai dont l’origine de l’appellation évoque des nains voleurs et maléfiques, les Kobolds, l’histoire est en train de se répéter pour ce géant en léthargie.

La promulgation du nouveau code minier par le chef de l’Etat début 2018 est un signal positif dans la prise de conscience sur les enjeux économiques et stratégiques lié aux minerais.

Dans les jours à venir, le pays fera face à plusieurs défis.

 

La RDC, futur sultanat de Brunei

Si le pétrole a été le moteur de la croissance au XXe siècle avec le moteur à explosion, le cobalt pourrait être celui du XXIe siècle. Il s’agit-là d’une Nième opportunité de faire du Congo le nouveau sultanat de Brunei de l’Afrique.

Dans ce contexte, tout le monde est bien conscient qu’une nième guerre du Congo avec cette fois le cobalt en toile de fonds est à éviter à tout prix. Le cobalt aiguise les appétits des puissants.

Déjà une demi douzaine de fonds d’investissement dont le canadien Cobalt 27, le Suisse PALA Investments ou encore le chinois Shanghai Chaos ont acheté puis stocké ces derniers mois près de près de 20% de la production annuelle du métal, pariant sur une forte hausse de la demande.

La construction d’une usine de montage par Volkswagen à Kigali n’est elle pas un rapprochement vers le précieux minerais ?

Ce qui doit amener les autorités à prendre des dispositions pour encadrer les recettes tirées de ce minerais et à mieux les partager.

C’est une occasion nette de faire de la RDC une puissance régionale respectée et un acteur clé du développement de l’Afrique Subsaharienne. Il ne faut pas oublier que le minerai étant non renouvelable.

Les réserves actuelles s’épuiseront au bout d’une soixantaine d’années selon Arnold Keba, expert en Finance et en Risk Management.

 

Production mondiale du Cobalt

Pays Production (t)
% mondial
1 RDC 64 000 52%
2 Chine 7 700 6%
3 Russie 6 200 5%
4 Australie 5 500 4%
5 Zambie 5 500 4%
6 Philippines 4 300 3%
7 Canada 4 250 3%
8 Cuba 4 200 3%
9 Madagascar 3 800 3%
10
Nouvelle-Calédonie (France)
2 800 2%
Autres 14 750 12%
Total monde 123 000 100%

(Source: https://fr.statista.com/)

 

Thierry bishop Mfundu

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