Le climat reste explosif dans le groupement de Bakua Ndoba, territoire de Katanda. Jeudi 11 septembre, plus de dix personnes ont été interpellées à Bena Tshimenga. Elles ont été transférées au parquet de grande instance de Tshilenge pour obstruction à la justice.
Les personnes arrêtées revendiquent leur appartenance à la lignée légitime du pouvoir coutumier. Selon elles, elles détiennent les documents officiels prouvant leur droit à la chefferie. L’ordre d’arrestation aurait été donné par l’actuel chef en place, Katumbayi Placide Katupla II.
Cette série d’interpellations marque une nouvelle étape dans un vieux conflit coutumier qui déchire la communauté locale. La tension monte depuis plusieurs mois autour de la succession à la tête du groupement.
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Le retour d’un prétendant ravive le conflit
Le retour à Bakua Ndoba de Kalala Tshimpumpu, anciennement en séjour à Kinshasa, a exacerbé les divisions. Ce dernier se présente comme héritier légitime du trône et entend faire valoir ses droits traditionnels. Son arrivée a relancé le débat sur la légitimité du pouvoir en place.
Un mandat d’amener a été émis contre lui par le parquet. Lorsqu’une équipe de la police judiciaire a tenté de l’arrêter, des sympathisants ont tenté de s’interposer. Ces affrontements ont conduit à l’arrestation de plusieurs contestataires.
Les chefs coutumiers des villages voisins appellent à la retenue. Ils craignent une propagation du conflit dans d’autres localités voisines. La situation reste fragile, et la peur d’un débordement est bien réelle.
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Un conflit enraciné dans l’histoire locale
Le conflit de succession à Bakua Ndoba ne date pas d’hier. Il trouve ses origines dans un désaccord ancien entre deux branches de la famille dirigeante. Depuis plusieurs années, les rivalités sur fond de légitimité coutumière alimentent les divisions internes.
Des tentatives de médiation ont été menées par les notables de Katanda sans succès durable. L’échec des dialogues antérieurs a renforcé la méfiance entre les clans. L’intervention des autorités provinciales est désormais jugée indispensable.
Le parquet de Tshilenge a confirmé l’ouverture d’une enquête. Il s’agira de déterminer les responsabilités, mais aussi de clarifier l’identité du détenteur légitime du pouvoir coutumier. En attendant, les habitants vivent dans une grande incertitude.
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Henock Nshimba Mueyema

