Un culte dominical de l’Église Évangélique Libre d’Afrique (EELD’A) à Mbujimayi a dégénéré dimanche 24 août. Des affrontements ont éclaté entre fidèles, divisés autour de la direction spirituelle de l’église. La tension croissante entre les partisans de Jean Kabeya et ceux de M. Tshuinza a culminé en une scène de chaos au cœur du lieu de prière.

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Une crise qui s’enlise malgré la reconnaissance officielle
Malgré la reconnaissance officielle par l’État de M. Tshuinza comme président légal de l’EELD’A, une partie importante des fidèles refuse de tourner la page. Ces derniers continuent de défendre bec et ongles l’ex-leader Jean Kabeya, écarté après une série de conflits internes. Le culte de ce dimanche a ainsi servi de terrain d’expression à ces tensions longtemps contenues.
Selon plusieurs témoins, des fidèles ont échangé des coups après un désaccord verbal sur la légitimité du prédicateur du jour. Des bancs ont été renversés, des cris ont fusé, et il a fallu l’intervention de responsables de sécurité pour disperser les deux groupes.
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Une fracture spirituelle devenue sociale
Cette scène violente est loin d’être un fait isolé. Depuis plusieurs mois, la rivalité entre les deux camps ne cesse de miner l’unité de l’église dans cette province du Kasaï-Oriental. Plusieurs tentatives de médiation ont échoué, alimentant une méfiance grandissante parmi les fidèles. Certains accusent même les autorités de partialité dans la gestion du conflit.
En coulisses, des responsables religieux et communautaires appellent à une « table ronde inclusive » pour résoudre la crise. Mais l’absence d’un cadre officiel de dialogue semble rendre la réconciliation difficile à court terme.
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Un silence préoccupant des autorités
La ville de Mbujimayi, déjà marquée par diverses tensions politiques et sociales, risque de voir cette crise religieuse aggraver la fragilité de la cohésion communautaire. Le silence prolongé des autorités locales face à cet incident soulève de nombreuses interrogations.
Pour plusieurs observateurs, une intervention rapide est nécessaire pour éviter une escalade aux conséquences imprévisibles. Le risque de violences répétées lors des prochains cultes reste élevé si rien n’est fait. Des voix s’élèvent donc pour appeler à une suspension temporaire des activités de l’église jusqu’à nouvel ordre.
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Henock Nshimba Mueyema

