Régine Ntumba: « Soigner pour valoriser le métier d’infirmier »

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À Mbujimayi, dans la province du Kasaï Oriental, la Journée internationale des infirmiers a été marquée par un geste fort. Régine Ntumba Buzangu, infirmière au centre de santé et maternité Notre-Dame des Grâces, a profité de cette journée pour rappeler l’importance de sa profession.
Elle appelle à une meilleure reconnaissance du métier, aussi bien par la population que par les autorités.

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L’infirmier, un acteur clé du système de santé

Pour Régine, l’infirmier joue un rôle central dans l’organisation des soins. Il intervient dans la prévention, la prise en charge des malades et l’éducation sanitaire.
« Nous sommes souvent les premiers à accueillir les patients, et les derniers à les accompagner, » insiste-t-elle.

L’infirmier assure un suivi régulier, offre une écoute et un accompagnement humain. Selon Régine, c’est un métier de proximité et de responsabilité. Elle insiste sur l’importance de valoriser ce travail dans la société.

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Des soins gratuits pour marquer la journée du 12 mai

Le 12 mai, Régine a pris une initiative particulière : offrir des soins gratuits à tous les malades venus à son centre.

Pour elle, c’est une manière de célébrer sa profession et d’aider les plus démunis. « Nous avons voulu faire de cette journée une bénédiction pour les malades, » dit-elle.

Ce geste symbolique vise à montrer que le métier d’infirmier est avant tout un engagement. Elle souhaite que cela inspire la population et attire l’attention des décideurs. Car derrière chaque soin gratuit, se cache un profond amour du métier.

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Des défis qui freinent l’accès aux soins

Malgré son engagement, Régine fait face à plusieurs obstacles. Elle constate que de nombreux patients évitent les centres de santé à cause de la peur des coûts. Ils se tournent vers l’automédication ou les remèdes traditionnels.

Pourtant, elle affirme que les soins sont abordables dans la région. Mais le manque de sensibilisation, la méfiance et la pauvreté compliquent la situation.

« Parfois, je passe plusieurs jours sans voir un seul malade. C’est douloureux, » confie-t-elle.

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Un appel aux autorités et aux partenaires

Régine interpelle le gouvernement sur les conditions de travail des infirmiers.

« Même le président, s’il tombe malade, a besoin d’un infirmier. Nous sommes les mains de Dieu sur terre. »

Elle demande des primes, du matériel et un soutien accru pour ceux qui risquent leur vie chaque jour.
Elle appelle aussi les bailleurs de fonds à l’aider à équiper son jeune centre de santé, ouvert il y a à peine trois mois.

Licenciée en sciences infirmières à l’ISTM Mbujimayi, Régine reste déterminée à servir, malgré les difficultés.

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Henock Nshimba Mueyema

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