Rachel Kapinga, Coordinatrice de la Société civile du Kasaï Oriental, a exprimé de vives critiques contre la gestion des autorités provinciales, lors d’un point de presse tenue jeudi. Elle a dénoncé plusieurs défaillances dans la gestion de la province. Particulièrement, dans le domaine du social, de l’économie, de la sécurité et de la gouvernance.
Saluant les initiatives du gouvernement central en matière d’infrastructures, Rachel Kapinga s’est indigné contre l’inefficacité de l’action provinciale. Aucune initiative provinciale pour accompagner le gouvernement central dans son programme de développement en faveur du Kasaï oriental.
Alors que le gouvernement central s’évertue dans la construction de routes, au développement de la desserte en eau potable et en énergie électrique, la crise énergétique se pérennise à Mbuji-Mayi. Les coupures répétitives d’électricité paralysent la population et les entreprises.
« Des opérateurs économiques, accablés par les taxes, ont dû jeter des vivres en raison des pannes« , révèle-t-elle.
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Une gestion opaque des fonds publics
La Coordonnatrice de la Société Civile du Kasaï Oriental a aussi critiqué la gestion des fonds publics. Selon elle, aucune transparence n’est observée dans la gestion des 6 millions de dollars alloués à la province, dont une partie provient des rétrocessions.
« Les versions contradictoires des autorités profitent à des intérêts privés, et non au peuple« , accuse la Coordinatrice de la Société civile du Kasaï Oriental.
Dans son propos, il est également fait mention de manque d’orthodoxie dans la gestion des recettes des péages du pont Lubilanji, de Tshibombo et des taxes des motos-taxis.
Rachel Kapinga appelle, ainsi, l’Assemblée provinciale à exercer pleinement son rôle de contrôle des finances publiques.
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Un leadership en déclin
Sur le plan sécuritaire et politique, Rachel Kapinga a fustigé la culture de l’intimidation qui vise les voix dissidentes. Elle a dénoncé un leadership perçu comme faible, suspect et sans vision.
« La gouvernance est déconnectée des réalités locales. Le désespoir prend le dessus sur l’espoir« , a-t-elle ajouté.
Une situation qui augure une crise aux conséquences dramatiques pour la population locale,
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Menaces de mobilisation et actions à venir
Face à ce manque de transparence, la Société civile du Kasaï Oriental met en garde les autorités provinciales et menace d’organiser une marche pacifique pour exiger des comptes. Un avertissement clair à l’adresse d’une province qui réclame plus de redevabilité
« Sans réaction rapide, la Société civile se fera entendre par l’action« , insiste Rachel Kapinga.
Rappelons que la Société civile du Kasaï Oriental a pour mission principale de promouvoir la participation citoyenne au développement durable de la province. Ce, en veillant au respect des droits humains, à la bonne gouvernance et au renforcement du dialogue entre les autorités et la population.
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Henock Nshimba Mueyema

