Assemblée nationale: le FCC-CACH ou la démocratie à voix unique

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En déclarant : « A Notre-Dame de Paris, les gargouilles sont à l’extérieur; au Palais du Peuple à l’intérieur!, » le Chef des Travaux Didier M’buy de l’IFASIC semble décrire au mieux l’épisode qui s’est passée ce lundi 22 avril à l’Assemblée nationale.

Ce qui s’est passé dans ce qui est censé être le temple de la démocratie est digne d’une scène du film  » le Parrain. »

Capsud.net revient sur la cacophonie qui a régné à l’hémicycle à la suite de la validation des candidatures.

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Plusieurs hypothèses pour abattre Lokondo

La séance plénière de ce lundi réservait bien des surprises et personne ne s’en doutait.

La machine à broyer Henri Thomas Lokondo était déjà en marche.

Le weekend, plusieurs messes noires ont eu lieu au siège du PPRD et de la MP pour mijoter une opération dans ce sens.

Plusieurs hypothèses étaient envisagées.

La plus plausible était l’invalidation de sa candidature à la présidence du Bureau définitif de l’Assemblée nationale.

Juste au début de la plénière, une motion incidentielle a été initiée par le député national François Nzekuye.

Il a demandé l’invalidation de la candidature de l’élu de Mbandaka pour son appartenance au Regroupement Palu et alliés.

Regroupement qui soutient le ticket du FCC-CACH porté par Jeannine Mabunda et JM Kabund.

Pour Nzekuye , Lokondo ne peut pas présenter sa candidature comme indépendant.

Et ce, d’autant plus qu’il a été élu sur la liste d’un Regroupement politique.

En réaction, Lokondo souligne que l’élection du Bureau définitif est interne à l’Assemblée nationale.

Selon lui, elle est régie exclusivement par le Règlement Intérieur de cette chambre.

Et ce Règlement intérieur ne s’oppose pas aux candidatures indépendantes.

L’élu de Mbandaka souligne en outre qu’il n’est ni membre du PALU , ni du FCC qui du reste ne dispose d’aucune personnalité juridique.

Aussi, le député Lokondo indique que le Regroupement Palu et alliés n’est pas signataire de l’accord du FCC. Certaines personnalités du PALU ont signé la charte du FCC  à titre individuel.

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Les abominations juridiques du FCC

Par ailleurs, Henry Thomas Lokondo condamne ce qu’il qualifie d’abominations juridiques du FCC les tentatives de le déchoir.

Et ce, du fait que ce dernier veut demander au Bureau de soumettre une disposition constitutionnelle aux voix de la plénière.

Celle-ci n’en a  aucune qualité.

« Si vous êtes  des députés robots pour recevoir des ordres …et orchestrer une mafia politicojuridique…, laissez ma candidature pour me battre à l’élection … de quoi avez-vous peur », s’est interrogé Thomas Lokondo sous les ovations des quelques députés de l’opposition acquis à sa cause.

Pour lui, seul son parti, dont il est élu et non pas son Regroupement, peut le faire invalider.

Willy Makiashi, haut cadre du PALU demande la parole. À la tribune, il tente de déboulonner Thomas Lokondo  mais le candidat au poste de président de l’AN est assez coriace.

Il balaye à nouveau l’argumentaire pro FCC de ce cadre du PALU.

Il démontra que Willy Makiashi n’a aucune qualité pour parler au nom du Regroupement PALU et alliés. Et
C’est sous cette majestueuse leçon de droit que le Bureau a suspendu la plénière pour 45 minutes.

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Lokondo éliminé, le flop de Maloka

 Le suspens s’est poursuivi  jusqu’au moment où ce qui devait arriver arriva.

Le président Maloka annonce que la motion incidentielle de Nzekuye « n’est pas réglementaire mais politique ».
« Par conséquent, je la soumets au vote », a étonnamment conclu le président du Bureau provisoire à la grande surprise de la plénière.

Certains députés s’offusquent de cette procédure qui frise l’illégalité.

La loi de la majorité finit par l’emporter.

Au premier appel au vote aucune main s’élève ni pour ni contre.

Au second appel, les élus de la Majorité ont voté à l’unanimité pour la motion.

Le jeu étant fait, le président déclare la motion retenue à l’issue du vote.

Brusquement, le président sorti de l’hémicycle laissant l’assistance dans l’émoi.

Rappelons que bien avant la motion Nzekuye, l’opposition avait vidé la salle.

Et ce, après le rejet de la motion du député Nzangi.

Il a sollicité dans sa motion la rouverture des candidatures afin de permettre aux élus de  Yumbi , Butembo et Beni nouvellement validés.

Question de leurs permettre de concourir à l’élection.

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Thierry Bishop Mfundu