Visite d’Antonio Gutteres et Moussa Fakir: Kinshasa se ravise

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Le gouvernement congolais courbe l’échine après avoir refuser de recevoir le SG de l’ONU et le président de la commission de l’UA.

Le ministère des affaires étrangères a tenu à expliquer la position du gouvernement face aux multiples versions de son attitude vis à vis de cette visite. Ce, à travers un communiqué de presse rendu public lundi 09 juillet.

« La direction nationale du protocole d’État porte à la connaissance de l’opinion tant nationale qu’internationale, que le principe de la visite officielle en RDC de monsieur Antonio Guterres Secrétaire général des Nations-Unies et de monsieur Moussa Faki président de la Commission de l’Union Africaine est maintenu », précise le communiqué.

« Les deux illustres personnalités restant les bienvenues à Kinshasa à une date à convenir de commun accord », indique le Ministère des affaires étrangères.

 

Kinshasa tente de désamorcer la crise diplomatique

A travers ce communique, il apparaît clairement que Kinshasa veut soigner son image déjà ternie par le refus précédent. C’est déjà la 3eme fois qu’il exprime ce refus devant la visite du SG de l’ONU. Sauf que cette fois-ci, il s’agissait d’une visite conjointe ONU-UA.

Déjà, le Président congolais a refusé de prendre part au sommet de l’UA à Nouakchott en ce mois de juillet. Il avait délégué She Okitundu.

Il faut dire que les relations entre Kabila et Guterres ne sont pas au beau fixe. Ce dernier a dans son rapport au Conseil de sécurité émis des inquiétudes sur le processus électoral en cours en RDC.

Pour rappel, dans le dernier complément de rapport publié lundi 7 mai dernier, le patron de Nations Unies avait invité Kinshasa à lever l’interdiction des manifestations publiques avant d’indiquer : « des divergences persistantes parmi les représentants politiques sur le processus électoral et un espace politique trop fermé continuent d’être une menace pour tenir des élections crédibles et inclusives ».

Face à ces divergences, Antonio Guterres avait appelé le gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour mettre de la confiance dans le processus électoral et ouvrir la voie à un transfert démocratique du pouvoir.

Il avait aussi demandé au « parti majoritaire et à l’opposition de dépasser les intérêts partisans et travailler pour la consolidation des pratiques démocratiques en République démocratique du Congo. »

Ces propos ont été sûrement très mal perçus par les autorités congolaises.

 

Kinshasa risque un isolément diplomatique

En refusant de recevoir ces deux grandes personnalités, Kinshasa s’est mis à dos toute la communauté internationale. Elle risque de s’engouffrer dans un isolément diplomatique auquel il est déjà englué.

Hors, le conseil de sécurité de l’ONU avait chargé Antonio Guterres de lui faire état mensuellement de la situation politique et du processus électoral en cours.

Se mettre à dos la communauté internationale ne va pas aider le régime en place qui a déjà du maille à convaincre les acteurs politiques internes.

Comment fera-t-il pour convaincre ses partenaires extérieurs avec une attitude qui frôle celle du Venezuela, de la Syrie ou de la Corée du Nord? Kinshasa n’a ni les moyens économiques moins encore militaires de ces états.

Dans le rapport de force, il ne faut pas faire des menaces si l’on a pas l’intention de les mettre en action.

 

Qu’est ce qui motive ce brusque changement d’attitude?

Les uns diront que la politique est dynamique, d’autres diront qu’en relations internationales, seuls le rapport de force compte. Et apparemment la RDC, ne fait pas le poids face à l’ONU ni face à l’UA. D’où ce retournement, certain, de veste.

Sur le plan interne, la MP au pouvoir risque d’aller seule aux élections. Ce qui risque de décrédibiliser ce processus et ouvrira une boite à pandore que personne ne pourra fermer par la suite.

Le non respect des recommandations de l’ONU notamment, les mesures de décrispation et la liberté de manifester risquent d’engendrer des sanctions contre le régime actuel.

Sur le plan international, le conseil de sécurité peut voter une résolution pour une éventuelle intervention si la vie de population est directement menacée.

Il y a aussi le rapport sur la mort de deux experts de l’ONU et la situation au Kasaï qui accuse directement les forces de sécurité des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.

Cette sauce aux saveurs de la CPI a sûrement fait réfléchir les bonzes du régime. D’où ce virage a 380°.

Par ailleurs, selon le communiqué, les consultations via les canaux diplomatiques usuels, sont en cours pour l’harmonisation des agendas. Une date sûrement sera annoncé dans le jour à venir pour cette visite.

Thierry Bishop Mfundu

1 Comment

  1. A mon plus jeune âge, je jouais à la maline, en faisant du bruit lorsque je buvais mon lait. Ma mère très stricte sur le respect des autres à table ou ailleurs, me giflait et je me retrouvait avec des uniformes sales. Mon but était de sécher l’école. A la troisième fois, elle m’avait obligé d’aller à l’école avec mes uniformes humides.
    Je vous jure, je n’ai plus jamais jouer à ma comédie.
    C’est juste pour dire à Kabila qu’on ne joue pas avec les pieds de ceux qui sont plus fort que soi.

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