Kinshasa : les taxis de la mort

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À Kinshasa, des bandits armés opèrent à bord de faux taxis. Il n’est plus sécurisant d’emprunter seul un taxi avec déjà à bord trois ou quatre passagers, surtout le soir.

Ce constat est celui des hommes et femmes qui ont été victimes de braquages. Certains déposent plainte à la police. Les autres sont hésitants, soit par ce qu’ils n’ont pas relevé les immatriculations de ces véhicules, ni les marques. Pire, pendant leurs agressions, beaucoup ne retienne pas ou peu les visages des malfaiteurs. Les opérations ont lieu généralement dans les endroits obscurs et isolés. La moindre résistance est vite sanctionnée. Les bandits souvent armés, ont la la gâchette facile.

 

Des témoignages poignants

Quelques victimes ont bien voulu nous relater ci-dessous leurs agressions.

Sur l’avenue de libération, ex- 24 novembre, une dame attend un samedi soir, un moyen de transport pour Kintambo magasin. Il est 22h00 passé. Les bus se font rares et les quelques taxis qui viennent débarquer leurs passagers, sont immédiatement pris d’assaut par des clients plus agiles. Une voiture noire de marque Vitz dépasse la foule pour aller s’arrêter une centaine de mètres plus loin. Plusieurs clients accourent, mais le chauffeur semble plus se soucier pour la dame élégamment vêtue. Il faut dire qu’elle est parée de bijoux, une grosse sacoche de marque Gucci pend sur son épaule droite. Le chauffeur jette son dévolu sur elle. Et elle s’embarque sur ce qui va devenir son plus pire cauchemar.

A bord, Mme Aurore Marika est avec 5 autres passagers dont un à côté du chauffeur et trois autres derrières. Elle n’est pas du tout inquiète du fait qu’il y aussi une femme derrière.

Lorsque le véhicule arrive au niveau de l’hôtel diplomate, un passager sorti une arme et lui dit : – Madame, n’aie pas peur! Enlève tous les bijoux que tu portes et donne nous ton sac. Si tu cries, nous te tuons.

Pendant la fouille, on lui pose quelques questions : « que fais-tu dans la vie ? Quel est ton parti politique ? Où vas-tu à cette heure ? Quelle est ton adresse? ». Apeurée, la dame resta sans voix. Moins de dix minutes, on la débarque avec obligation de rentrer immédiatement chez elle et de rien dire à personne.

Tremblotante de peur, la jeune dame rentre à pied à l’arrêt et prend la résolution d’aller passer la nuit chez sa cousine au quartier GB.

Les bandits lui ont soutiré ses bijoux d’une valeur de 800$, ses chaussures Gucci de 80$, son sac Gucci de 50$, 2 téléphones androïd, un porte-monnaie contenant 300 dollars et 25.000 FC. Elle n’a jamais porté plainte, nous annonce -t-elle.

 

Aucune artère n’est épargnée

01h32 sur l’avenue de la justice. Une autre dame, Nicolette Niku. Elle fut également victime de ce genre de braquage. Elle attendait un taxi devant l’hôtel sultani. Destination? Bandalungwa.

Une voiture bleue de nuit s’immobilise près d’elle. Le chauffeur lui ouvre la portière et lui dit de monter. Sans se faire prier deux fois, elle embarque et ne s’intéresse pas aux passagers trouvés à bord. Vers camp le rond point Maulaert, la voiture s’arrête. Qu’est-ce qu’il y a chauffeur, est-ce une panne ? demande-t-elle.

Un gaillard lui exhibe son arme et lui demande de se tenir tranquille si elle ne tient pas à mourir. Deux bandits se chargent de la dépouiller de ses bijoux et de son sac. Elle a beau pleurer pour qu’on lui laisse ses téléphones, car elle ne saura joindre personne. Personne ne tiens compte de sa demande. Les bandits intraitables lui ordonnent de sortir et de courir sans regarder derrière et sans crier. Elle obtempère. Des centaines de mètres plus loin, elle est essoufflée. Soudain, elle se met au bord de la chaussée. Une voiture stationne. Un coup d’œil à bord, elle est rassurée par la présence de deux femmes et demande à être secourue. Embarquée, elle va raconter sa mésaventure, non sans verser des larmes au sous commissariat de Bakayawu.

Plusieurs cas sont aussi signalés sur la route des poids lourds, avenue du flambeau, Boulevard Lumumba, etc. Aujourd’hui, à la suite de cette recrudescence des agressions, des gens préfèrent les bus en commun ou les mini-bus. Qui malheureusement, se font rares la nuit.

La police est appelée à prendre des dispositions pour appréhender ses malfaiteurs qui troublent la quiétude des kinois

 

Thierry bishop Mfundu

1 Comment

  1. On dirait qu’à l’approche des élections, tous les moyens sont bons y compris pour les partis politiques de faire une levée des fonds forcée sur y comprises ces femmes naïves qui dandinent à travers la dangereuse ville nocturne en tremblant 800$ de bijoux, 300$ de cash, des gucci, des smart phones etc. On vit en naviguant à vue là bas et le genre féminin naïf ne sait jamais qu’est ce qui les attend au tournant de la rue. Même là où il y a développement et law&order, celles qui dandinent négligemment de la même manière en écopent les conséquences. C’est faire perdre même du temps à la police quand on courent pleurer après dans leurs bureaux.

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