Rentrée scolaire 2018-2019: des parents désemparés face aux frais exorbitants

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Autrefois moment de liesse, la rentrée scolaire est devenue, depuis, un véritable casse tête pour les parents. Beaucoup ne savent pas où donner de la tête pour que les enfants rentrent dans leurs meilleures conditions.

D’autres préfèrent même ne pas penser à cela au risque de faire des AVC et des crises de tension. Les faibles revenus ne leurs permettent pas de remplir efficacement leurs obligations.

D’un côté, le coût élevé des frais scolaires, des acomptes tout aussi élevés et la hausse de prix des fournitures scolaires.

Pire encore, les poches des parents ne sont pas préparés face à ces frais exorbitants. Quand on sait qu’un fonctionnaire gagne entre 50 et 100$.

 

Des frais scolaires incompatibles aux réalités salariales

Les parents doivent débourser au minimum entre 300 et 800$ pour une année scolaire. Il y a d’un côté des écoles de luxe appartenant à des étrangers ou des ambassades telles que SAFAK, École belge, École française, École consulaire du Portugal, École américaine, etc.

Dans ces écoles où étudient la plupart des enfants des expatriés, des ambassadeurs, des agents des organismes internationaux et des dignitaires du régime. Ici, les frais oscillent entre 3000 et 5000$.

Il y a ensuite les écoles de luxe appartenant a des congolais. Ici l’on peut citer: Aurore, Loupiots, Rev. Kim, Petits lutins, source de vie, Cour Sénèque, le Bambinière OSASE, Mawete, Madame de Sévigné, George Simenon, Collège cartésien, etc. Ici, étudient les enfants de nouveaux riches, des cadres supérieurs et moyens, des hommes d’affaires congolais, etc. Ici, il faut débourser entre 1000 et 2500$ en frais scolaires. Ce qui n’est pas à la portée de tous les congolais.

Ensuite, il y a les écoles conventionnées catholiques de renom telles que Collège Boboto, Collège Elikya, Saint Raphaël, C.S. Malula, C.S. Mgr Moke, Notre Dame Bosembo, Lycée Motema Mpiko, etc. Ici, les frais scolaires oscillent entre 400 et 600$ par an avec des multiples conditions.

D’autres écoles conventionnées, les établissements scolaires publiques et les multiples complexes scolaires qui pullulent dans la ville de Kinshasa demandent des frais se situant entre 100 et 500$ par an. Mais ces établissements pour la plupart ne sont pas viables et offrent un enseignement de piètre qualité.

 » Je me suis résolu à inscrire mes enfants dans une école de ma paroisse où les frais sont fixés à 250$. Ils étudiaient à Saint Raphaël. Payés 450$ pour les 4 enfants est devenu un lourd fardeau d’où ma résolution, » s’est plainte Madame Safu Mado qui a inscrit ces enfants au C.S. Marie Goretti dans la commune de Kalamu.

 

Paiement des acomptes: une épée de Damoclès sur les parents

Un autre fait et non de moindre est le paiement d’un acompte comme condition d’inscription. Un vrai dilemme pour les parents.

Les conditions imposées par les établissements pour l’inscription de nouveaux élèves s’avèrent un véritable casse tête chinois: des acomptes des frais scolaires exorbitants, l’achat obligatoire d’uniformes et autres fournitures scolaires au sein même de l’école, etc.

Privés de ressources consistantes, ces parents ne savent plus à quel saint se vouer. D’où, leurs plaintes et même résignation.

Saint Raphael exige par exemple le versement de 250$ d’acompte et le paiement des fournitures telles l’uniforme, la tenue de gym, etc. Ces fournitures s’élèvent à presque 50$. « Où trouver l’argent pour tout ça, » s’exclame un parent rencontré aux encablures de cette école.

« Mes deux enfants étudient ici en maternelle et en primaire. On m’exige de débourser 500 dollars américains en guise d’acompte de première tranche des frais scolaires. Ensuite, je dois ajouter presque 100 dollars américains pour l’uniforme et la tenue de gymnastique, ainsi que 20 dollars pour le cahier de communication et le journal de classe. Ce qui fait un total de 620 dollars américains avant la rentrée scolaire. Comment rassembler un tel montant aujourd’hui ? C’est vraiment difficile pour moi », se lamente Mme Fyfy Mfundu, fonctionnaire de son état.

 

Que fait l’État ?

Répondre à cette question c’est s’interroger sur le sexe des anges. D’autant plus que la préoccupation majeure des politiciens est la conservation de leur pouvoir.

Avec des parents incapables de prendre correctement en charge leurs enfants, des enseignants dont le salaire ne représente pas grand-chose, on ne peut que s’attendre qu’à un niveau d’enseignement au rabais.

 

Et la faute incombe à qui ?

Bien sûre à l’État « démissionnaire » et « irresponsable ». Pourtant, la Constitution de parle de la gratuité de l’enseignement au niveau primaire. Le président de la république en a même fait son credo. Malheureusement ceux qui dirigent le secteur refusent catégoriquement d’appliquer cette gratuité.

 

Quelle insouciance ?

« Ce pays n’a évidemment pas de chance » comme l’aime si bien dire Didier Mbuy, enseignant à l’Ifasic.
Ça, il faut le reconnaître. Et si rien n’est fait dans ce cas, on risque de se retrouver avec une génération bornée et analphabète.

 

Tout ça pourquoi?

L’insouciance des politiques. Au lieu de s’attaquer aux véritables problèmes, le Ministre Gaston Musemena préfèrent lancé la campagne 2.000.000 d’enfants à l’école. Dans un pays qui en compte plus de 10.000.000.

C’est normal que leurs « excellences » et « honorables » ferment l’œil vu que leurs progénitures étudient à René Descartes non pas celle de Limete ni de Kingasani mais le collège René Descartes des Lyon, Marseille ou Toulouse.

Ils en répondront un jour devant l’histoire de la d’échéance qu’a atteint l’éducation en RDC.

Remettre 60.000 Fc à un enseignant comme salaire et s’attendre à un enseignement de qualité, c’est du cynisme pur et simple. Un enseignant qui a une femme, des enfants à nourrir et à éduquer, une maison à payer, des soins médicaux, etc.

Et dire qu’ils ont la responsabilité de former l’élite de demain.

 

Thierry Bishop Mfundu