RDC : le calendrier électoral jugé frauduleux et mensonger par l’opposition

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Les quartiers généraux de l’opposition, en alerte depuis la publication du calendrier électoral par la CENI, ont rejeté sans surprise, le nouveau calendrier électoral global publié dimanche 05 novembre 2017, par la Commission électorale nationale indépendante, CENI.

Tous d’une même voix, le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, RASSOP, l’Union pour la Nation congolaise, UNC et alliées ainsi que le Mouvement de Libération du Congo, MLC ont appelé au boycott de ce chronogramme qui, insistent-ils, viole à la fois la constitution de la République, l’accord du 31 décembre 2016 et la loi électorale, en plus de ne pas être consensuel et de revêtir un caractère frauduleux et mensonger.

 

Pour s’opposer à la démarche de la CENI, qu’ils jugent contraire aux différents textes légaux et accords politiques de la RD Congo, les opposant congolais démontrent, preuve à l’appui, les dispositions légales violées par la CENI.

 

Évoquant l’article 73 de la constitution qui stipule que le scrutin pour le président de la république est convoqué par la CENI 90 jours avant l’expiration du mandat du président en exercice alors que celle-ci se donne la liberté de convoquer l’électorat le 23 juin 2018 pour un scrutin à tenir le 23 décembre 2018 soit 6 mois après au lieu de 3 mois.

 

La CENI n’a nullement respecté l’accord de la CENCO

 

Face à l’illégitimité du président de la République, les opposants rappellent que les parties prenantes à l’accord de la Saint Sylvestre s’étaient accordées sur l’organisation en une seule séquence au plus tard le 31 décembre 2017 des élections présidentielles, législatives nationales et provinciales. La CENI s’est, alors, arrogée les prérogatives du peuple souverain en prolongeant unilatéralement et abusivement le mandat du Président Kabila en projetant le scrutin au 23 décembre 2018.

 

Par ailleurs, les opposants estiment que la CENI tente, à travers ce chronogramme, de surcharger le budget électoral et des tâches à accomplir en étalant inutilement certaines opérations.

 

La CENI en violation de la Loi électorale

 

Dans leurs différentes déclarations, les opposants ont mentionné clairement que la tenue du scrutin au-delà des délais légaux prévus notamment pour la publication des listes définitives des électeurs en sont une preuve et risque de désorienter une fois de plus les électeurs lors du scrutin. A cela s’ajoute, la commande de matériels de vote « semi électronique ».

 

Aussi, ajoutent-ils, la CENI n’a pas intégré dans ce calendrier la date du début réel des opérations d’identification et d’enrôlement des électeurs depuis le mois d’août dans le Kasaï. Ce qui traduit pour l’opposition congolaise un caractère frauduleux du calendrier ainsi que sa sincérité à organiser les élections.

 

La CENI est-elle tombée dans son propre piège ?

 

Le fait pour elle de réviser son chronogramme de 504 jours à 306 jours, démontre selon l’opposition congolaise, qu’il est possible de comprimer davantage ce délai pour l’organisation des élections comme le souhaite les congolais.

 

En outre, soulignent les opposants, les mesures de décrispation politique, la redynamisation de la CENI pour plus d’indépendance, d’impartialité et de crédibilité, le budget sincère assorti d’un plan de décaissement des fonds affectés aux élections scrupuleusement par le gouvernement, les mécanismes de sécurisation sont autant des conditions convenues pour organiser des élections crédibles, transparentes et démocratiques. Qui jusqu’alors reste lettre morte.

 

Quoi qu’il en soit, l’opposition, il faut le dire, a sa part de responsabilité dans ce processus électoral. Si au moins elle était unie et parlait le même langage au moment des discussions ayant débouché sur les précédents accords (18 décembre et 31 décembre), on n’en serait peut-être pas à la situation actuelle.

 

Et même par le simple fait de produire trois déclarations distinctes reprenant les mêmes préoccupations, cela justifie largement de la difficulté éprouvée par cette opposition à convoler dans une direction.

 

Il vous souviendra que le Mouvement de Libération du Congo, MLC avait claqué la porte des discussions de la CENCO. C’est bien dommage qu’elle n’ait pas été suivi par d’autres membres de l’opposition. Le MLC qui à l’époque s’indignait de deux incises insérées dans l’article IV.2, lesquelles ont levé les verrous quant à l’organisation des élections avant le 31 décembre 2017. Et ce sont ces incises qui posent problème aujourd’hui.

 

Du reste, le RASSOP, l’UNC et alliés, le MLC en appellent à la vigilance du peuple et à la mobilisation de tous les congolais en vue de libérer le processus électoral d’ici le 31 décembre 2017 sur base de l’article 64 de la constitution.

 

 

Tanya Mulamba

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