Élection de la RDC au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU : un paradoxe au respect de la dignité humaine

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L’élection de la RDC au Conseil De l’ONU de Droits de l’homme a été un coup dur dans les milieux des Activistes de droits de l’homme et de ceux de militants pour le respect de la dignité humaine.

 

Il est loisible de noter qu’actuellement, la paix ne signifie pas seulement l’absence de la guerre. La paix fait également allusion au respect de droits de l’homme. Et aussi longtemps que les droits de l’homme seront violés jamais dans le monde la paix sera retrouvée. Car les droits de l’homme sont des conditions d’existence en dehors desquelles aucun humain ne peut exercer pleinement ses possibilités. Ils sont donc l’élément de différenciation entre les hommes et les bêtes.

Ainsi pour réaliser ses objectifs, l’ONU a créé un organe subsidiaire chargé de veiller au respect de droits de l’homme. Un organe appelé  » Conseil de Droits de l’homme  » car le maintien de la paix est indissociable avec le respect de droits de l’homme.

 

La RDC étant membre de l’ONU, elle joint de droits et obligations. Parmi ses droits, il y a celui de participer à l’Assemblée générale de l’ONU, Le droit d’être élu dans tous les Organes Subsidiaires de l’ONU dont le Conseil de Droits de l’homme.

Ainsi sur le plan textuel et Formalisme juridique, l’élection de la RDC au conseil de droits de l’homme n’est pas une entorse aux instruments juridiques internationaux en matière de droits de l’homme.

 

Droit légitime mais paradoxe au respect de la dignité humaine

 

En effet, l’élection de la RDC au Conseil de droits de l’homme chargé de veiller au respect des instruments juridiques internationaux de droits de l’homme ratifiés par les États membres de l’ONU dont la RDC est un véritable paradoxe car celui-ci est un mauvais élève dans le respect de droits de l’homme.

 

En effet, plusieurs rapports accablants établis aussi bien par le Conseil de droits de l’homme, par le Bureau Conjoint de Nations-Unies pour les droits de l’homme et que par les ONG de défense de droits de l’homme indexent la RDC dans la violation systématique et aux atteintes graves de droits de l’homme.

 

La RDC s’est spécialisée dans l’arrestation et détention arbitraire, la répression des manifestations publiques, la répression des activistes de droits de l’homme, la fermeture des stations Radios et Télévisions, la répression et arrestation des leaders d’opinions, arrestations arbitraires et détention des opposants politiques, les violences sexuelles, la violation du droit à l’environnement sain, droit au logement décent, etc.

 

Cette élection de la RDC s’apparente, à notre avis, à l’élection au comité de gestion de la Banque centrale d’un Cambrioleur de renommée ou encore la nomination d’un violeur réputé comme préfet des études dans un Lycée.

 

Il est inconcevable qu’un mauvais élève dans la promotion et protection de droits de l’homme devienne un régulateur de droits de l’homme en siégeant comme membre du Conseil de droits de l’homme de l’ONU.

 

Cette élection est comme une prime qui récompense la RDC dans ses violations de droits de l’homme.

 

De ce qui précède, nous estimons que cette élection est « une insulte aux victimes de multiples violations de droits de l’homme du gouvernement congolais « .

Avec plus de 90 fosses communes au grand Kasaï, l’assassinat de deux Experts de l’ONU, les fosses communes de Maluku, l’assassinat de Chebeya, le report sine die des élections, la répression sanglante des manifestations publiques, la répression politique.

 

Voilà pourquoi l’entrée de la RDC au conseil de droits de l’homme est un paradoxe non seulement à la crédibilité de cet organe mais aussi aux missions dévolues au Conseil de droits de l’homme de l’ONU (dont veiller au respect des instruments juridiques internationaux en matière de droits de l’homme ratifiés par les États membres de l’ONU).

 

Et maintenant que la RDC est élue au conseil de droits de l’homme à elle de prouver qu’elle peut respecter la dignité humaine en se conformant aux instruments juridiques internationaux de droits de l’homme qu’elle a ratifiés.

 

Merphy PONGO, Membre du collectif de Jeunes Pro Changement