Gécamines, les plaintes se multiplient devant les tribunaux

share on:

Encore une mauvaise passe pour la Gécamines, une des principales entreprises publiques de la République démocratique du Congo, nettement plus présentes ces derniers temps devant les cours et tribunaux que sur le chemin du succès.

 

La Gécamines a le don d’énerver ses partenaires qui lui reprochent de ne pas tenir ses engagements et qui n’hésitent pas à se tourner vers la justice pour tenter d’obtenir gain de cause.

 

C’est le cas de Pan Global, société émirati qui n’est pas satisfaite de la quantité ni de la qualité du cuivre que lui livre la Gécamines. Du coup, Pan Global a lancé un arbitrage contre la Gécamines devant la chambre du commerce international (CCI) de Paris.

 

Et, c’est bien connu, un souci n’arrive jamais seul. Une autre procédure du même type, devant la même CCI, pend au-dessus de la tête de la Gécamines. Cette fois, c’est la société Shamrock Global Group qui menace de se tourner vers l’arbitrage international au sujet des droits sur le terril de Lubumbashi.

 

A la base, la Gécamines est déjà en conflit sur ce dossier avec le Group Forrest international (GFI) qui opérait sur le site jusqu’à ce qu’Albert Yuma, patron de la Gécamines, par ailleurs patron des patrons congolais, et par ailleurs très proche du président hors mandat Joseph Kabila, décide de lui interdire l’accès au site en mars dernier. Une interdiction qui eut pour première conséquence, une chute de plusieurs millions de dollars dans les caisses de l’Etat congolais via les taxes payées mensuellement par GFI.

 

Mais si la GFI est privée de terril, les scories présentes dans cette mini montagne plantée au coeur de Lubumbashi, aiguisent bien des appétits. Albert Yuma aurait promis à Shamrock, comme le confirment plusieurs sources, qu’il pourrait exploiter ce terril qui renferme du zinc, du cuivre mais aussi du cobalt dont le prix flirte actuellement avec les 60 000 dollars la tonne. Shamrock était d’ailleurs sur le point de réaliser une joint-venture avec un poids lourd du secteur, la société Trafigura, pour exploiter ce terril. Mais tout ce beau projet demeure au conditionnel car Shamrock ne voit rien venir et est donc tenté de se présenter à son tour devant la chambre du commerce international de Paris.

 

Deux dossiers à la CCI qui s’ajouteraient à la procédure lancée en Belgique par le Groupe Forrest contre la Gécamines. Si GFI a perdu son référé contre la Gécamines, dont le but était de lever l’interdiction d’accéder au terril, le tribunal belge se déclarant incompétent dans ce dossier, il a porté l’affaire au fond devant le tribunal de commerce de Bruxelles.

 

Plusieurs dizaines de millions de risques

 

GFI réclame plusieurs dizaines de millions à la Gécamines (déjà lourdement endettée) suite aux pertes financières dues à cette interdiction d’accéder au terril.

 

Toute cette agitation devant les chambres, cours et tribunaux de Paris et Bruxelles a évidemment des répercussions sur le terrain en RDC.

 

L’Etat est évidemment privé des taxes prélevées su GFI pour l’exploitation des scories du terril. Mais l’arrêt des opérations sur le terril a aussi provoqué la suppression de 280 postes sur les 348 qu’employait la Société du Terril de Lubumbashi (STL). Seul le personnel chargé de garder le site est maintenu, soit une septantaine de personnes.

 

« A Lubumbashi, on ne comprend pas où veut en venir la direction de la Gécamines. Elle est au bord du gouffre mais elle continue à avancer d’un pas décidé vers le précipice », explique à La libre Afrique, un fin connaisseur de la maison Gécamines. « Les tensions entre le pouvoir et le Groupe Forrest ne sont pas neuves. Mais jusqu’ici un consensus se dégageait et tout le monde s’y retrouvait. En voulant changer les règles du jeu, le patron de la Gécamines semble avoir tout perdu… »

 

La Libre Afrique

Article disponible sur:

https://afrique.lalibre.be/9913/gecamines-les-plaintes-se-multiplient-devant-les-tribunaux/

Leave a Response

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.