17 mai 1997 : entre libération et occupation du Congo

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Il est loisible de noter que la RDC a connu une période sombre de son histoire. Cette période est marquée par 32 ans de la dictature de Joseph Désiré Mobutu.

Lorsque le vent de démocratisation souffle sur l’Afrique, la RDC n’y échappe pas. Ce qui a poussé Le Président Mobutu à ouvrir l’espace politique congolais en acceptant le multipartisme politique le 24 Avril 1994.

Cet acte a été considéré comme un signal fort dans la lutte pour l’affranchissement de l’homme congolais et la chute du règne dictatorial.

Après les consultations populaires, la conférence nationale souveraine s’ouvre. Elle est censée réconcilier le peuple et déboucher sur les élections multipartites.

Comme au Bénin et au Congo Brazzaville, les conférences nationales souveraines ont été des étapes importantes dans le processus de démocratisation du continent Africain. Elles ont posé les bases solides des futures constitutions plus enclins à la démocratie.

Malheureusement en Afrique, ces conférences n’ont jamais produit les résultats escomptés. Pire encore, elles ont ramené en arrière beaucoup des pays notamment au Congo Brazzaville où une guerre éclata entre les partisans de Lissouba et de Sassou.

En effet, AFDL, Un regroupement des plusieurs partis rebelles soutenu militairement par le Rwanda et l’Ouganda décide de faire ce qu’il considère être « une marche de libération ».

Composé essentiellement des Enfants, entraînés par les généraux rwando-congolais ,Sous la conduite d’un certain Laurent Désiré Kabila franchi Kinshasa le 17 Mai 1997 après une longue marche sans réel obstacle. Il faut dire que l’armée de Mobutu déjà minée par l’indiscipline et la trahison se bat quasiment en retraite.

 

Faut il parler du 17 mai comme une date de libération ou d’occupation ?

Ici, nous faisons face à deux thèses. D’un côté, les partisans de libération et de l’autre, ceux de l’occupation. Un véritable fossé sépare les deux théories.

Les tenants de la thèse de libération estiment qu’il s’agissait d’une révolution populaire ayant conduit à la chute du dernier roi du Zaïre, Mobutu. Le peuple a été affranchi par cette lutte de libération.

Pourtant il a été établi que la révolution populaire était un prétexte utilisé par les rwandais et ougandais pour envahir la RDC, l’occuper et exploiter illégalement les ressources naturelles. Pour ce, ils ont été instrumentalisé par les anciens maîtres de Mobutu qui voulaient à tout prix avoir la main mise sur les richesses de la RDC.

Pour réaliser leur projet, ils ont misé sur un congolais qui déjà était engagé dans la lutte contre la dictature. Comme tout est question d’intérêt dans les relations internationales, le Rwanda et l’Ouganda ont fait signé au congolais Désiré Kabila l’accord dit de  » LEMERA » . C’est la contrepartie à leur assistance militaire.

Ainsi plusieurs généraux et hauts gradés de l’armée Rwandaise ont intégré l’armée congolaise. Certains ont été placé dans des postes stratégiques en RDC. Au ministère de la défense comme c’est fut le cas de James Kaberebe, aux Affaires étrangères, au ministère de l’intérieur, dans l’état major de l’armée.

L’Ouganda quant à lui c’est concentré dans l’exploitation illégale du sol et sous-sol de l’Est de la RDC.

N’ayant pas respecté les clauses de l’accord de LEMERA, Laurent Désiré Kabila a signé son arrêt de mort. Il fut combattu par ses anciens alliés lorsqu’il a voulu donner la victoire de l’AFDL. C’est le début de la guerre d’agression dont les effets collatéraux sont ressentis jusqu’à ce jour.

Ces effets sont marqués notamment par la présence des plusieurs groupes Armés, soutenus et fabriqués par le Rwanda et l’Ouganda.

 

Laurent Désiré Kabila est il un libérateur ?

Accueilli à Kinshasa comme le messie, les kinois ont vu dans Laurent Désiré Kabila le sauveur du peuple congolais. Mais c’était sans compter sur ceux qui étaient derrière lui.

De son accession au pouvoir, la première décision du libérateur fut l’arrestation puis la relégation de l’opposant historique Étienne Tshisekedi.

Puis, il y a eu la suppression du parlement de transition et de toutes les activités de partis politiques. Seul le PRP, le parti de L.D. Kabila fut l’unique parti autorisé à fonctionner. Laurent Désiré Kabila s’arroge tous les pouvoirs : exécutif, législatif et judiciaire. La constitution fut suspendu.

Le pays est alors géré selon ses rumeurs et humeurs sans tenir compte des avis et désirata du peuple. S’installa alors un régime autocratique pendant 3 ans.

 

Une dictature qui en chasse un autre

On était loin de la libération, mais plus proche d’une dictature. Mais ce dernier se révéla pour beaucoup un héros. Sa désapprobation des diktats de ses créateurs, son refus de l’aide internationale et sa politique auto centré lui attirerent autant des sympathies.

Assassiné dans sa résidence, Laurent Désiré Kabila fut remplacé par son fils Joseph Kabila. Sans une base légale et légitime, ce dernier fut désigné par cooptation pour remplacer son père. C’est la pérennisation de l’autoritarisme. Les autres ont parlé d’un régime dynastique.

En conclusion, L’AFDL est à la masse de plusieurs maux qui rongent le pays actuellement. Les conséquences se ressentent chaque jour au plus profond de chaque congolais. Nous pouvons cité : la multiplication de groupes armés, l’invasion du pays par le Rwanda et le pillage systématique des richesses naturelles du Congo par ses voisins L’occupation.

Nous pouvons ajouter à ce lot: la fragilité du tissu social congolais, l’absence de l’autorité de l’État, etc. On ne peut pas prétendre libérer un peuple pour le placer sous tutelle d’un autre peuple. C’est maintenir le peuple dans un système de domination.

Une libération doit apporter un État libre où les libertés publiques sont reconnues. N’est ce pas ce que fut Mandela en Afrique du Sud ?

Une chose à retenir, malgré ces méfaits, Kabila a reuissi à forger au peuple un esprit d’auto-prise en charge grâce à son idéologie : le peuple doit se prendre en charge. Mais aussi a cristallisé le peuple dans une idéologie de combat par son slogan: ne jamais trahir le peuple.

Au moment où le peuple assiste à une tentative de pérennisation d’un régime exsangue et aux abois. Il est peut être temps d’user de cette date du 17 mai pour se lever et barrer la route à toute forme de dictature.

Si Kabila est mort, le peuple doit s’approprier cette date du 17 mai et faire d’elle un lieu de prise en charge de sa démocratie et de sa libération effective.

 

Merphy Pongo

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