Infrastructures : trop des projets inachevés sous le mandat de Kabila

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Joseph Kabila a lancé les travaux de construction de la nouvelle aérogare de l’aéroport internationale de N’djili à Kinshasa. La cérémonie a eu lieu ce mercredi 02 mai 2018.

Le projet est évalué à 364,9 millions de dollars pour un contrat de 36 mois, signé entre la Régie des voies aériennes (RVA) et le groupe chinois Weihai International Economic and Technical Coopérative (WIETC).

Les travaux sont cofinancés par la banque chinoise Exim Bank et la RDC à hauteur de 40%. A ce jour, Kinshasa a débloqué 20 millions de dollars pour ce projet, selon la RTNC.

Ces travaux lancés à quelques mois de élections intriguent bien d’observateurs. Et quand on sait que durant son règne, le chef de l’État a inauguré bien des travaux dont beaucoup sont restés inachevés. La liste paraît bien longue si l’on veut tous les énumérés.

 

Autant des projets inachevés pour un président sortant

Les montagnes sont en travail, il en naîtra une souris. Ce proverbe illustre mieux la plupart des travaux titanesques inaugurés par Joseph Kabila. Basé sur ses 2 programmes: 5 chantiers et révolution de la modernité. Ces derniers se sont révélés des vrais pétards mouillés.

Et pourtant, la recette bien huilée était là: fanfare, garde républicaine, costumes et cravates, soleil de plomb, etc. Assourdissant battage médiatique et des superlatifs autour des ouvrages non discutés au Parlement, ni avis d’appel d’offres. Et puis plus rien…

Aucune évaluation, aucun état de lieu… Les caméras et journalistes de la RTNC, Télé 50, BSC TV et autres ont déserté les lieux telle la vapeur. Pourtant ils sont employées à montrer en boucle ces travaux d’Hercule, usant des superlatifs à tout vent.

L’on se demande à la fin s’il fallait tout ce folklore.

 

Petite énumération non exhaustive

Les travaux de l’immeuble Rakeen à la gare centrale de Kinshasa ont été arrêté aussi vite qu’ils ont été entamé. Lancé pourtant en grande pompe par Joseph Kabila accompagné du prince Sheikh Saud bin Saqr Al Qasimi de Emirats arabes unis. Depuis 2008 jusqu’à ce jour, les travaux de cet immeuble, sont restés au point mort. L’immeuble inachevé trône désormais au centre ville de Kinshasa comme un lieu hanté. Coût des travaux estimés à 200 millions de $. Les parties sont en procès.

La fibre optique constitue aussi l’un de ses Éléphants blancs. Le 18 juillet 2013, les autorités ont, après avoir promis ciel et terre aux populations congolaises, inauguré la station d’atterrage de Muanda dans le Kongo-Central. Tout un pays était alors en émoi. La télévision nationale a déplacé sa régie à Muanda. La fibre optique, gage d’une connexion haut débit et moins cher, allait devenir réalité au pays. Malheur est de constater qu’à ce jour, le projet ne rassemble guère à ce qu’était comme ambition au début.

Déjà en 2015, une commission mise en place par l’Assemblée nationale avait révélé des graves machinations et détournements. Il y a eu notamment des surfacturations dans l’achat des matériels et mise en place cette fibre optique. Dommage que les auteurs soient restés impunis. A ce jour, la connexion internet reste toujours un luxe au Congo.

L’hôpital du Cinquantenaire avec ses 70 millions de dollars d’investissement n’a jamais répondu aux attentes des autorités et de l population. Beaucoup lui préfère toujours l’hôpital de référence de Kinshasa, ex- Mama Yemo. Et les autorités recourent encore aux frais de l’état pour les soins à l’étranger. Pourtant la propagande officielle scandait: « fini les soins médicaux en Inde. l’Inde est maintenant à Kinshasa. »

 

Et ça continue…

Le parc agro-industriel de Bukanga Londjo est devenu une cité fantôme en mode Tchernobyl.

En 2015, la RTNC en relais direct, le chef de l’État encore lui, donne le go de travaux du parc agro industriel Bukanga Longo. La population de la République, surtout kinoise s’extasie. Elle fera désormais sienne l’expression auto suffisance alimentaire. Bukanga-Longo, un projet très ambitieux exploitant un espace de plus de 80.000 hectares.

Un vrai espoir suscité en 2014, mais aujourd’hui sans trace concrète. Eh oui, Patrick Mayombe, l’actuel ministre de l’agriculture nous brandit l’erreur liée à l’étude du sol.

À ce jour, ni poulet, ni oeufs, ni farine de maïs. Encore moins la construction des usines de montage des tracteurs, et de 5 mille maisons des travailleurs… «Un Bukanga Lonzo dans chaque province pour atteindre l’autosuffisance alimentaire en RDC!», soulignait la propagande.

A Kinshasa, les dépôts de vente de la première production de ce parc ont fermé un à un. 250 millions de $ d’investissement​ envolés.

Plusieurs autres projets tels les bateaux ITB Kokolo et Gungu, le grand Inga, les immeubles du gouvernement à la place Royale, etc. Sont tous à l’état de projet ou d’inachevé. Au stade municipal de Bandalungwa, l’herbe a repris ses droits.

 

Même recette, même résultat

Tous ses ouvrages ont pratiquement les mêmes recettes. Premièrement, ces travaux se font généralement sans appel d’offres.

Ce qui d’emblée constitue une violation de la loi en matière de passation des marchés publics. Deuxièmement, ces travaux ne sont pas repris dans le budget voté au parlement. Et enfin, Comme à l’accoutumée, c’est généralement une entreprise chinoise ou arabe qui obtient le marché.

Le projet de l’aérogare intervient après la signature en mars dernier d’un contrat dit de « collaboration ». Contrat signé entre le Gouvernement avec DPW (Dubaï Port World) pour l’érection d’un port en eau profonde à Banana, au Kongo Central. D’autres infrastructures sortent des terres à Kalemie, province du Tanganyika. Seize mois après l’expiration de son dernier mandat, « Joseph Kabila » continue à prendre des décisions qui vont engager l’Etat congolais au cours des années à venir. Et pourtant, il ne dispose plus de pouvoirs constitutionnels. Son rôle devrait se limiter à « expédier les affaires courantes ».

C’est à dire prendre des décisions d’administration quotidienne et gérer les questions qui nécessitent des décisions immédiates. Et ce jusqu’à « l’installation effective » du nouveau Président qui devrait être élu le 23 décembre prochain. Il y a comme un air d’inachevé tout au long de plus de 10 ans de règne de Joseph Kabila.

Si l’éléphant barrit, quel est le cri de l’éléphant blanc ?

 

Thierry bishop Mfundu

1 Comment

  1. Le magazine économique français CAPITAL produisit dans son No 75 de Déc 1997 un dossier de 40 pages intitulé « LE TOUR DE FRANCE DES GASPILLAGES « . Ceux dans la bande d’aventuriers de l’AFDL venus de France et qui ont mis la mains sur ce dossier ont appris comment piller le trésor public et tout ce dont parle l’article c’est contenu dans ce dossier la manière de fisseler les marchés publics pour gagner des millions. Tant si les travaux se font réellement ou pas. Un autre dossier du même magazine Capital s’intitule : »LE DICTIONNAIRE DES AFFAIRES ». On y décortique tout le langage de malfaisance : abus des biens sociaux, abus de confiance,amnistie, concussion, corruption, etc. Et si on pousse l’enrichissement spirituel avec la lecture du livre de John Perkins: « CONFESSIONS OF AN ECONOMIC HIT MAN « , on aura toute l’explication de tous ces éléphants blancs. Ainsi courir à gauche et à droite inaugurant des chantiers, le président, s’il ne le sait pas (Luzolo Bambi devra le savoir ) est en train de faire les affaires de plus malins que lui ; à moins qu’il le sache (question de se faire des millions de dernière heure devait là fin éminente de son règne ).

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