Economie: le taux directeur de la BCC ramené à 14℅

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La Banque Centrale du Congo (BCC) a décidé de ramener son taux directeur à 14℅. Selon le Gouverneur de la BCC, Deogratias Mutombo, plusieurs causes expliquent la baisse de ce taux directeur. Il y a d’abord la bonne tenue de la conjoncture aussi bien au niveau international que national. Il y a aussi l’embellissement des perspectives macroéconomiques qui sont devenues favorables. Ainsi que l’absence des risques imminents.

 

Toutes ces raisons ont motivé la Banque centrale du Congo à assouplir les conditions monétaires. Cela passe par la baisse du taux directeur qui est passée de 20,0% à 14,0%.

La décision a été annoncée le mardi 10 avril à Kinshasa, par le gouverneur de la BCC, Deogratias Mutombo Mwana Nyembo. Il est aussi président du Comité de Politique Monétaire (CPM).

C’était au cours d’un point de presse tenue à l’issue de la troisième réunion du CPM.

Cette baisse du taux directeur est selon Deogratias Mutombo, une orientation de la politique monétaire de l’Institut d’émission. Elle s’inscrit dans la perspective de la stabilité que manifeste les différents secteurs de l’économie nationale.

 

Inutile de tomber dans l’autosatisfaction

 

Le fait de rabaisser le taux directeur contribue à un meilleur refinancement des banques. Face aux tels résultats, on ne peut verser dans une sorte d’autosatisfaction, interpelle-t-il.

Par contre, Deogratias Mutombo estime nécessaire l’investissement dans les infrastructures, la santé et l’éducation. Cela permettra selon lui de mieux soutenir les investissements locaux.

Mobiliser davantage les finances pour atteindre la cohérence économique

Ainsi, il préconise de mobiliser davantage les ressources financières. C’est alors que l’on pourra remplir les quatre critères fondamentaux de cohérence économique. Ces critères sont autres: le faible taux d’inflation, l’équilibre des finances publiques et le ratio recettes publiques-PIB. Enfin, il y a le ratio dépenses d’investissement sur PIB.

 

La situation financière de l’État est excédentaire

 

Il faut noter que l’exécution des opérations financières de l’Etat s’est clôturée avec un excédent de 91,9 milliards de CDF. Cette situation intégre l’amortissement de la dette.

En cumul annuel, la situation financière de l’Etat est excédentaire de 246,6 milliards de CDF.

Dans cette perspective, les recettes publiques devraient atteindre 4.976,5 milliards de CDF en 2018. Soit, une pression fiscale d’environ 11. Quant aux dépenses en capital, elles devraient s’établir à 90,0 milliards. Ces montants représentent à peine 1,8 % du total des recettes, niveau largement inférieur au critère de 20,0 % fixé par la SADC.

 

La monnaie nationale connait une parfaite stabilité

 

S’agissant du marché de change, le CPM indique que le taux de change de la monnaie nationale a connu une parfaite stabilité. Cela sur les deux segments du marché, attestée par des variations moyennes de près de 0,01%.
Pour les trois premiers mois de l’année, la monnaie nationale a enregistré une dépréciation de 1,49% contre celle de 11,27 % .
La période correspondante est de 2017. Toutes choses restant égales.

Par ailleurs, la dépréciation du franc congolais s’établirait à 9,09 % à fin 2018, contre 23,65 % en 2017.

 

Forte accumulation des réserves de change

 

Les réserves de change, elles, frôlent le 1,0 milliard USD. Soit, 4 semaines et 2 jours d’importations de biens et services sur ressources propres.
Cette accumulation des réserves résulte notamment des rachats automatiques des devises du Trésor. Ces derniers proviennent des paiements d’avances d’impôts sur les bénéfices réalisés par les miniers en 2017.

Il est noté la poursuite de la décélération du rythme des formations de prix intérieurs au mois de mars 2018. Cela concerne les marchés des biens et services.

En effet, l’inflation en glissement annuel a baissé pour s’établir à 50,41% contre 52,74% à fin février 2018. En rythme mensuel, le taux d’inflation a été porté à 0,836 % venant de 0,713 % un mois plus tôt. Cela suite au réajustement à la hausse des prix des produits pétroliers à la pompe.
En prolongeant la tendance actuelle, l’année devrait se clôturer avec un taux d’inflation de 12,34 %. Ce taux fera face à une cible optimale d’inflation de 7 %. En cumul, l’inflation s’est établie à 2,95% à fin mars 2018 contre 5,89 % à la période correspondante de 2017.

 

Thierry bishop Mfundu

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