RDC: ces diplômes politiquement transmissibles qui discréditent l’Université (1)

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Autrefois lieu du savoir par excellence qui fournissait à la nation une élite capable de transformer la société, l’Université congolaise perd de plus en plus sa crédibilité et devient un endroit où tout le monde peut décrocher un diplôme sans avoir suivi un seul cours.

 

Des politiciens à la recherche des titres académiques pour consolider leurs postes vont se réfugier à l’Université pour obtenir ce que l’opinion congolaise désignent désormais Diplômes Politiquement Transmissibles (DPT).

 

En apparence apolitique, l’Université congolaise devient de plus en plus politisée. Des professeurs s’adonnent au spectacle désolant. Ils politisent la science jusqu’à tel point que dans chaque faculté on sait retrouver et identifier les professeurs Pro et anti pouvoir.

 

L’illustration de la politisation de l’Université congolaise paraît avec ces diplômes et cette scolarisation personnalisée de certains ténors du pouvoir. Le cas flagrant de l’obtention de titre de Licencié en Droit avec mention plus grande distinction par Ngoy Kasanji, le parcours doctoral frauduleux de Matata Ponyo et la défense spectacle d’Aubin Minaku ne cesse de défrayer la chronique.

 

Attardons-nous un instant sur le cas du Gouverneur absentéiste devenu Licencié en Droit de l’Université de Kinshasa.

 

Ngay Kasanji, le gouverneur absentéiste devenu Licencié en Droit

 

Ngoy Kasanji, le gouverneur de la Province du Kasaï-Oriental a usé de statut du Professeur Lutumba wa Lutumba, Secrétaire Général de l’ACDD (parti politique du gouverneur) mais également Secrétaire du département de Droit privé de la faculté de Droit de l’Unikin.

 

Grâce au précité, Ngoy Kasanji obtient une inscription directe en première année de Licence. Pourtant selon les instructions académiques, en première licence l’inscription se fait sur base de concours et c’est après satisfaction que le candidat peut être retenu. Procédure que ce dernier n’a pas suivi grâce à l’implication personnelle de son chaperon.

 

Le plus troublant, le gouverneur ne venait que très rarement au cours. Durant les examens, on devrait attendre la présence de sieur Ngoy Kasanji avant de débuter. Les étudiants de première licence Droit privé judiciaire ont, même vu, leur examen de contrats spéciaux reportés tout simplement parce-que cet étudiant spécial n’était pas venu. Chose que le titulaire du cours n’avait pas apprécié.

 

Les salles où il passait ses examens était fort convoitées, car parce qu’à la fin de l’examen le gouverneur distribuait des billets verts à tous les assistants.

 

Arrivé en deuxième licence, Ngoy Kasanji venait une seule fois au cours par mois et lors des examens, il les passait seul dans la salle de conseil facultaire entourés de ses gardes de corps.

 

A la fin de sa deuxième année de licence, Ngoy Kasanji présente et défend un mémoire sur la réparation des préjudices causés par les entités territoriales décentralisées (ETD) en prenant le cas de la province du Kasaï-Oriental.

 

Non seulement que le sujet était mal conçu, Ngoy Kasanji confond la province à une entité territoriale décentralisée. Pourtant l’article 3 de la constitution place la province comme une entité politique. Mais aussi, le gouverneur avait comme Directeur de mémoire et président du jury, son chaperon le professeur Lutumba wa Lutumba. Le même qui a facilité son inscription en première licence.

 

On signale que Monsieur le gouverneur absentéiste, devenu Licencié en Droit, est candidat assistant à la faculté de droit.

 

Merphy Pongo

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